mardi 25 décembre 2007

Puer natus est nobis



Bonne et sainte fête de Noël




Et Verbum caro factum est, et habitavit in nobis . Et vidimus gloriam ejus, gloriam quasi Unigeniti a Patre, plenum gratiae et veritatis.


Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous. Et nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Père à son Fils unique plein de gloire et de vérité.

dimanche 23 décembre 2007

In Nativitate Domini


Nous voici maintenant au seuil de la fête de la Nativité. Et Verbum caro factum est. Et le Verbe s’est fait chair. La fête de Noël si douce au cœur des Chrétiens est devenue en France une abominable célébration païenne. Un journaliste animateur dont la vulgarité n’a d’égal que son inculture clamait sur une radio ce matin même : « C’est Noël, éclatez-vous ! »

Un magazine féminin à large audience titrait : "Noël sexy" dans sa livraison de décembre 2006. Dans ce même numéro le journal consacrait un article intitulé : les photos érotiques excitent-elles les femmes ? (on a testé…) précise le magazine. Vaste sujet d’une très haute portée culturelle, particulièrement adapté dans l’esprit comme dans sa tonalité au message que la naissance du Christ nous signifie.


Il y a presqu’un côté blasphématoire à associer la fête de Noël à l’idée d’une quelconque séduction sensuelle derrière laquelle se cache aussi tout un commerce hautement lucratif.


Etre sexy ! Voilà à quoi se réduit la fête de la Nativité pour une certaine presse féminine. Elle montre à quel point cette presse est à l’image des vanités superficielles, aux antipodes du message apporté par le Sauveur.

Nous mesurons à quel point la société française est devenue profondément athée, attirée par la seule jouissance des plaisirs sensuels.

Ces derniers jours, me déplaçant dans Marseille, je constatais à quel point les gens étaient impatients, agressifs au volant de leur voiture. L’approche de Noël rend les individus fébriles, non pas de la fébrilité de l’attente de la venue du Messie qui vient irradier les familles comme il a réjoui les hommes de bonne volonté dans la campagne de Bethléem il un a peu plus de 2000 ans, mais fébriles dans la course effrénée aux cadeaux futiles qui seront rangés dès le lendemain de Noël, voués à l’oubli comme pour la plupart des objets convoités par caprice et dont on se lasse aussitôt qu’on est entré en leur possession. Mais qu'importe, désormais, on régale à tour de bras! Il faut offrir, offrir n'importe quoi mais offrir, alors on court en ville, on fait la queue dans les magasins, on tourne en rond pendant une demi-heure dans les parkings en attendant qu'une place veuille bien se libérer. Alors on piaffe d'impatience, on se fatigue, on s'énerve. Nous ne nous mettons plus dans la disposition d'âme nécessaire pour accueillir dans la paix et la sérénité le Christ nouveau-né dans la nuit de Noël.


Les galeries commerciales étalent leurs marchandises de pacotille, clinquantes autant qu’inutiles, les devantures regorgent de mets couteux, de pâtés, de volailles dont les prix sont devenus de plus en plus exorbitants. Qu’importe ! On court, on court pour acheter des cadeaux futiles, on court pour faire de Noël une nuit de ripailles en oubliant le véritable sens de cette nuit ineffable qui nous a donné le Dieu incarné pour notre salut.


Jadis, pour la messe de minuit, les familles à la campagne quittaient le foyer familial pour parcourir à pied les 4 ou 5 kilomètres qui les séparaient de l'église du bourg, non sans avoir pris la précaution de placer, auparavant, dans l'âtre une grosse bûche destinée à se consumer lentement, afin de maintenir le feu dans la cheminée pour le retour, tard après la messe de minuit. De ce temps là, il nous en resté la traditionnelle bûche de Noël. Autre temps, autres mœurs, où l’on n’hésitait pas à battre la campagne dans la sainte nuit de Noël en bravant le froid, la pluie ou la neige pour aller célébrer la naissance du divin Rédempteur et venir se recueillir au pied de la crèche en action de grâce après la messe. Alors, une fois rentrées au bercail, les familles se restauraient d’une soupe, d’un boudin pour reprendre des forces et se réchauffer après cette longue nuit. Mais j’imagine sans peine la joie simple qui pouvait régner dans les cœurs !

Noël est avant tout une fête qui se célèbre au plus profond de son âme, à genoux, avec une âme d’enfant émerveillée, au pied de la crèche, comme le fit saint François d’Assise. Alors oui, seulement là, un surplus peut nous être donné avec quelque nourriture qui sort de l’ordinaire pour mieux fêter dans l’intimité de la famille la beauté de la Nativité et son message à l’humanité toute entière que l’évangile de la messe de minuit nous rappelle : Gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis !

Puer natus est nobis

jeudi 20 décembre 2007

L'anonymat sur Internet


Dans la lettre des Pères dominicains d’Avrillé de décembre 2007 je lis cet article sur la pratique de l’anonymat sur internet. Je vous le livre tel quel.

Lcttre des dominicains

Internet danger !

LES QUELQUES LIGNES consacrées à ce thème dans notre dernière Lettre aux amis, nous ont valu plusieurs courriers approbateurs. Un lecteur nous a fait justement remarquer que la méthode des « blogs » et des « forums de discussion » s'apparente souvent aux procédés subversifs dénoncés par M. Bonnet de Villers dans sa plaquette Groupes réducteurs et noyaux dirigeants.

Pour confirmer ses dires, ce lecteur nous a adressé le « droit de réponse » public que M. Jean Sévillia a exigé du site (le forum « catholique » !) où il s'était fait « piéger ». Ce que M. Sévillia dit ici est plein de bon sens et mérite d'être médité. En voici quelques extraits :

« La pratique de l'anonymat, dans l'univers des forums et des blogs, est profondément lâche et perverse : elle permet de dire n'importe quoi sans aucun risque. C'est une négation de la responsabilité à laquelle tout honnête homme, et a fortiori tout chrétien, est appelé, devant ses mots et ses actes. [...I Quant au fond, je ne crois pas que les catholiques aient à discuter de tout : l'Eglise n'est pas une démocratie, le catholicisme n'est pas une institution parlemen­taire. Il est tout à fait extraordinaire de voir tant de traditionalistes, dont les bibliothèques sont pleines d'ouvrages vilipendant la Révolution, se comporter comme les pires révolutionnaires, débattant de tout et n'importe quoi, quels que soient leurs titres à s'exprimer en public, enjambant toute hiérarchie et répandant des rumeurs sans souci de leurs conséquences. Et je n'évoquerai pas le vocabulaire de potache ou les exclamations infantiles sorties d'un lan­gage de BD : elles ne grandissent pas ceux qui y recourent. Et que dire de la charité chrétienne ? »

Jean Sévillia (6 mai 2007).

Cet article est intéressant car il nous invite à sérieusement nous interroger sur la pratique que nous avons les uns et les autres des forums ou des blogues. Personnellement je ne suis pas du tout adepte des forums de discussion, le plus souvent sans grand intérêt et, comme le souligne à juste titre M. Sévillia, d’un infantilisme proprement stupéfiant la plupart du temps. Retranché derrière l’anonymat certains intervenants sont manifestement animés d’intentions nuisibles voire subversives.

Monsieur Sévillia, malgré sa vaste culture et sa riche expérience professionnelle s’est fait lui-même piéger dans des conditions que j’ignore au demeurant. Cela montre que les personnes, même les plus averties, peuvent tomber dans le panneau de la manipulation.

J’ajoute, pour avoir consulté occasionnellement le Forum catholique, que les propos tenus sur ce site n’offrent le plus souvent que peu d’intérêt, à de rares exceptions près. Les « liseurs », barbarisme puéril employé sur ce site pour désigner les lecteurs du forum, font souvent circuler des informations non vérifiées et non recoupées, ce qui peut être extrêmement nuisible. Soit dit en passant, s’agissant des « liseurs », je préfère à tout prendre la « bravitude » de Ségolène Royal, qui, pourtant, ne fait pas partie de ma chapelle, loin s’en faut !

J’admets, cependant, que de nombreuses personnes fréquentent le Forum catholique en toute bonne foi et avec la plus grande honnêteté. L’anonymat est aussi, il faut bien le reconnaître, une précaution, la plupart des gens ayant des craintes à divulguer leur nom.

Les blogues sont tout aussi critiquables et sans grand intérêt, hormis quelques sites spécialisés. Comme je tiens moi-même un journal sur le net, je tiens à apporter quelques précisions.

J’ai pris l’option du pseudonyme qui est en fait le nom de ma mère, ce qui est pour moi le rappel de mes racines corses maternelles auxquelles je suis attaché. Au demeurant un lecteur qui me connaîtrait personnellement n’aurait aucune difficulté à m’identifier, en raison des références précises à ma carrière passée qui peuvent figurer dans certains de mes articles.

Pour ma part, je veille, par respect pour ceux qui me lisent, à ne relater que des faits avérés. Les articles que je publie exigent parfois de longues vérifications dans ma documentation personnelle, car je préfère ne rien écrire plutôt que de donner de fausses informations de nature à induire les lecteurs en erreur. Il ‘agit là d’une malhonnêteté intellectuelle inacceptable.

Toutefois, nul n’étant infaillible, il peut arriver que je me trompe, malgré les précautions dont je m'entoure. C’est pourquoi, j’invite les lecteurs qui seraient amenés à constater des erreurs dans mes articles de bien vouloir me les signaler, aussi bien pour le bénéfice de l’ensemble des lecteurs que pour ma propre gouverne.

D’avance je les en remercie.

dimanche 16 décembre 2007

Quand les trains se mettent à dérailler!

Une jeune parisienne a prévu de descendre dans sa famille à Marseille pour les fêtes de Noël. Comme elle ne peut réserver son billet de chemin de fer suffisamment tôt en raison des incertitudes de son emploi du temps professionnel, elle est obligée d’attendre que son planning soit arrêté par son employeur. Samedi, elle se rend donc dans une gare parisienne pour acheter un billet TGV Paris –Marseille pour le 21 décembre prochain.

Désolé, mademoiselle, lui répond-on, nous n’avons plus de places disponibles. Pourtant, elle a effectué par téléphone depuis quelques jours des multiples démarches par téléphone, mais en vain, pour obtenir ce billet qui lui tient à cœur et sans lequel elle ne pourra pas passer Noël auprès des siens.

En désespoir de cause, elle s’apprête à renoncer la mort dans l’âme quand au dernier moment, un trait fulgurant lui traverse l’esprit. Avez-vous des places disponibles pour Toulon ? Et la guichetière de lui répondre : oui, bien sûr !

Alors donnez-moi un aller TGV Paris-Toulon. Aussitôt dit, aussitôt fait et la préposée de lui délivrer le billet tant espéré. Notre jeune femme règle le montant et prend possession du billet.

Que lit-elle dans les cases destination du coupon de voyage ?
Le voyage est scindé en deux étapes :

- Paris-Marseille - Correspondance et changement de train à Marseille.
- Marseille-Toulon

Ah???!!! Manifestement il y a quelque chose d’incohérent ! Aucune place n’est disponible pour aller de Paris à Marseille, mais de Paris à Toulon avec arrêt à Marseille, comme par enchantement, on trouve des places sans la moindre difficulté.

Je sais que les technocrates de la SNCF et les informaticiens me donneront des explications argumentées en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une incohérence et bien au contraire qu’il s’agit de préserver un nombre de places disponibles pour les voyageurs désirant se rendre à Toulon.

Comme on peut pousser le même raisonnement pour les destinations qui se trouvent au-delà de Toulon, Hyères, Antibes, Cannes et Nice, je suppose que cela fait un volant de places disponibles non négligeable et qu’il serait bien étonnant que toutes les places soient prises d’ici le 21 décembre.

Etonnée, on le serait à moins, la jeune femme fait part de sa stupéfaction. Explications embarrassées et peu convaincantes de la guichetière.

Puisque vous avez des places pour Marseille comme me le prouve ce billet, remboursez-moi le différentiel Marseille-Toulon, trajet qui ne se justifie plus dès lors que le train s’arrête en gare de Marseille Saint Charles. Non, non c’est impossible lui rétorque-t-on.

De guerre lasse notre jeune voyageuse n’insiste pas et se rend trois guichets plus loin où elle demande le remboursement du trajet Marseille – Toulon. L’opérateur ne fait aucune difficulté et quelques instants plus tard le surplus est remboursé.

Tout revient à considérer que le Paris-Toulon passe virtuellement à Marseille. Ce train passe à Marseille mais il ne s'arrête pas à Marseille.

On se croirait dans un sketch loufoque déjà ancien des humoristes Chevallier et Laspalès : le train pour Pau. La réalité rejoint parfois la fiction ! Je vous invite à visionner cette séquence ci-dessous.

A ce rythme faudra-t-il bientôt demander un billet Paris-Moscou pour nous rendre à Marseille ?




le train pour pau chevalier et laspales
envoyé par flotunning

lundi 10 décembre 2007

Anne-Lorraine

Anne-Lorraine SCHMITT
Requiescat in pace
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Qu’il me soit permis tout d’abord de m’unir par la prière à la famille d’Anne-Lorraine. Que nos humbles et petites prières soient autant de perles lumineuses afin de réconforter une famille dans l’affliction.

Anne-Lorraine avait 23 ans. Elle était fille de colonel, ancienne élève de l’école de la Légion d’honneur. Catholique pratiquante, elle se rendait en ce dimanche matin à la messe. Que sa route ait croisé celle de Deve-Oglou, son assassin, condamné en 1996 pour viol commis dans une rame de cette même ligne du RER, que cet individu ait été libéré sans que la justice, apparemment, ne s’inquiète d’une possible et même certaine récidive, cela n’a aucunement ému les politiques si prompts à condamner les agressions sauf lorsqu’elles sont commises sur des Français de souche. Alors une catho, fille d’officier de l’Armée de Terre, fut-elle sauvagement frappée de 34 coups de couteau, pensez donc, c’est sans intérêt pour nos médias.

Or, il se trouve que ce même jour deux jeunes adolescents issus de l'immigration trouvent la mort tragiquement dans une collision avec une voiture de police à Villiers-le-Bel. Indépendamment des émeutes violentes que cet accident suscita dans le quartier, la presse se répandit en articles larmoyants sur ces adolescents. Ivan Rioufol dans son billet du Figaro, daté du vendredi 30 novembre, souligne à juste titre que ces deux jeunes gens circulaient sur une moto non homologuée, donc non destinée à la circulation, à vitesse excessive et sans casque. Nous connaissons suffisamment le comportement de ces jeunes circulant à moto dans nos villes pour savoir qu'ils prennent souvent des risques considérables. La mort de deux jeunes adolescents est toujours tragique. Toutefois elle ne peut être en aucun cas mise sur le même plan que l'assassinat sordide d'Anne-Lorraine. Dans le premier cas, nous avons affaire à des jeunes dont le comportement est un comportement délictuel à risque et qu'on a laissés faire avec le plus grand laxisme jusqu'à ce que l'irréparable se produise. Et pourtant on nous parle sans cesse de ces associations ou de ces « grands frères » qui font, paraît-il, un travail remarquable dans les quartiers. En l'occurrence, si vraiment un travail de fond avait été entrepris, nous n'aurions probablement pas aujourd'hui à déplorer cette double mort accidentelle. Quand on ajoute à ces carences, l’attitude de la police, au demeurant compréhensible dans le climat délétère de la France actuelle, qui, la plupart du temps, ferme les yeux sur ce genre de délinquance routière peu sanctionnée. la moindre tentative d'interpellation risque à tout instant de se transformer en catastrophe imputable, cela va de soi, aux policiers qui prennent en chasse de pauvres petits jeunes irréprochables. Qu’on se rappelle les faits à l’origine de l’explosion des banlieues en novembre 2005.

Anne-Lorraine, quant à elle, ne demandait rien. Elle se rendait tranquillement à la messe dominicale en empruntant le RER. Seul point commun avec l'affaire de Villiers-le-Bel, elle a été victime du laxisme généralisé qui oublie de sanctionner les comportements délinquants ou remet en liberté des individus à haut risque de récidive. Il y a quelques mois de cela, un psychiatre de renommée déclarait sur Europe 1 qu'on ne pouvait jamais affirmer formellement qu'un malade sexuel était définitivement guéri.

Récemment, dans son émission « Faites entrer l'accusé », Christophe Hondelatte posait la question au procureur de la république de Troyes de savoir pourquoi les frères Jourdain dont le passé judiciaire était lourd avaient été libérés sans la moindre précaution. Or il se trouve que cette affaire des frères Jourdain me tient particulièrement à coeur. Pour ceux qui ne se souviendraient pas des faits, je rappelle que les deux frères prirent à bord de leur camionnette un soir de février 1997 quatre jeunes filles qui rentraient d'un bal de carnaval près de Boulogne-sur-Mer. Elles furent sauvagement violentées et assassinés. Les corps furent retrouvés dans un blockhaus sur le littoral, quelque part entre Boulogne-sur-Mer et le Touquet.


Ayant moi-même servi dans ma carrière de gendarmerie dans le Nord-Pas-de-Calais, je fus amené à diriger une enquête judiciaire dans le cadre d'un viol commis par Jean-Louis Jourdain. J'avais, à l'issue de l'enquête de crime flagrant procédé à une double qualification, la tentative d'assassinat ainsi que la tentative de viol. Les magistrats ignorèrent la tentative d'assassinat pour des questions d'opportunité complexes. Quand l’affaire arriva devant la cour d’assises de Saint-Omer, je fus cité en tant que directeur d’enquête par le ministère publique. Je fis ma déposition et la présidente de la cour attentive à mes déclarations et qui avait sous ses yeux mon procès-verbal de synthèse, nota bien que j'avais qualifié la tentative d'assassinat à partir d'éléments précis recueillis par les enquêteurs.

Jean-Louis Jourdain fut condamné à 10 ans de réclusion criminelle, le maximum pour le crime qu’il avait commis, à savoir un viol. L'avocat général qui était alors substitut du procureur de la république auprès du tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer était aux anges. Son réquisitoire avait porté. Jourdain avait écopé du maximum. Pour ma part, je ne partageais pas, de loin s'en faut, son enthousiasme. Jourdain avait déjà accompli deux années de détention préventive, ce qui signifiait qu'avec le jeu des remises de peine systématiques, il serait assez rapidement remis en liberté. Personnage extrêmement fruste, Jean-Louis Jourdain ne pouvait que récidiver. J'en avais la certitude. J’eus l'occasion de l'exprimer publiquement mais que pouvais-je bien faire d'autre ? Je me souviens, du soir du jugement, où rentrant à la maison, je dis, désabusé, à mon épouse que le plus terrible pour moi était de savoir que tôt ou tard il y aurait une nouvelle victime. Il m’était insupportable de penser que quelque part vivait une jeune femme dont la mort était en quelque sorte déjà programmée par la faute d’une société devenue incapable de protéger ses membres. Hélas, j'étais loin de la vérité ; ce ne fut pas une mais quatre victimes qu'il fallut déplorer.

C'est donc à l’occasion de l'évocation de ce quadruple meurtre que Christophe Hondelatte questionna l'ancien substitut devenu depuis procureur de la république à Troyes. Avec bon sens le journaliste lui demanda comment se faisait-il que la justice ait pu relâcher deux individus aussi dangereux. La réponse du procureur fut sidérante. Il déclara qu'à l'époque, comme si les faits remontaient au temps de Mathusalem, on ne pensait pas que des individus ayant purgé une longue peine de détention pouvaient récidiver. Réponse de circonstance,probablement, manière de dégager en touche afin de ne pas devoir s'expliquer sur les responsabilités de la justice et son fonctionnement calamiteux, plus sûrement. Mais je crois, cependant, que la justification donnée par ce magistrat correspond bien à son sentiment profond, révélateur du décalage entre une justice qui se fonde sur une idéologie bien teintée de rousseauisme béat et la réalité d’une criminalité sans cesse croissante, même si pour des raisons politiques et, là encore idéologiques, on jette un voile pudique sur les chiffres quand on ne triture pas les données statistiques pour leur faire dire le contraire de ce qu’elles signifient.

Très récemment encore, dans un corrigé officiel de devoir dont le sujet était précisément consacré à la violence des banlieues, je ne fus guère surpris de constater que dans le document remis aux élèves (candidats adultes à des concours administratifs internes) pas une seule fois le terme immigration n’y figurait. Sur les 10 pages du document, on évoque une multitude de causes, le chômage, le repli sur soi, la politique architecturale, la politique des transports, les effets nocifs de la télévision, les difficultés familiales et bien d’autres facteurs encore. Le rédacteur de ce beau document n’a pas eu le courage intellectuel d’évoquer ouvertement la question de l’immigration telle qu’elle est pratiquée en France. Les causes que je viens de citer ne sont pour la plupart d’entre elles que les causes secondes de l’immigration, d’une part et surtout de la crise morale profonde d’un peuple qui ne croit plus en lui-même.

Et si d’aventure, d’aucuns manifestent le moindre soupçon de fierté française, très vite nos « élites » les rappellent à l’ordre en les taxant de racistes et de xénophobes, ce qui les disqualifie ipso facto, excommunication des temps modernes.

L’esprit de 1940 que je fustigeais ici même dans un article antérieur est plus florissant que jamais, semant au passage son lot de victimes, de larmes et de souffrances.

Nous ne pouvons que prier pour que d'autres Peggy, Audrey, Isabelle, Amélie, Anne-Lorraine, Jeanne-Marie et bien d'autres victimes encore ne viennent alourdir ce martyrologe qui ne doit rien au hasard mais résulte de la faute de chacune ou chacun d'entre nous, à commencer par celui du choix de politique que nous formulons ou nous ne voulons pas formuler au moment de glisser le bulletin dans l' urne.

Sub tuum praesidium confugimus, Sancta Dei Genitrix. Nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus sed a periculis cunctis libera nos semper, Virgo gloriosa et benedicta.

Sous votre protection nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu, Ne rejetez pas nos prières, nous qui sommes dans le besoin, mais libérez-nous toujours de tous les périls, Vierge glorieuse et bénie.

samedi 1 décembre 2007

Loi divine, loi humaine

Dans un livre déjà ancien, il fut publié en 1989, Paul Sérant, dans un livre intitulé « les grands déchirements des catholiques français - 1870 - 1988", retrace la vie du catholicisme français au cours de cette période et, comme le titre l'indique, nous montre de façon très précise et bien documentée le combat entre tradition et modernité. Du Ralliement prôné par le pape Léon XIII, toute l'histoire du catholicisme français se résume à un combat violent entre ces deux courants. Le sacre des évêques par Mgr Lefebvre en 1988 ne constitue en aucun cas un accident de parcours mais s'inscrit de façon dramatique dans la logique d'une lutte fratricide qui ne pouvait que mal se terminer.



Le pape Léon XIII. Son pontificat dura de 1878 à 1903



Les médias viscéralement anti-catholique se sont délectés de cet événement, trop heureux qu'ils étaient d’assister au déchirement interne de l’Eglise catholique.

Rome réussit ce remarquable tour de force qui consista à excommunier un évêque pleinement catholique qui tout au long de ses longues années de sacerdoce n’eut de cesse que de demeurer fidèle à sa devise « Tradidi et quod accepi », j’ai transmis ce que j’ai reçu.

Au cours de cette même décennie, Monseigneur Gaillot, dont les excès finirent par indisposer l’épiscopat français, c’est dire ! fut simplement relevé de sa charge épiscopale.

Deux poids, deux mesures qui traduisaient alors l’ambiguïté de la politique du Vatican. Depuis, l’avènement du pape Benoît XVI tend à redonner à la tradition sa véritable place au sein de l’Eglise, place qu’elle n’aurait jamais dû perdre si une fraction des pères conciliaires ne s’était pas livrée à un véritable détournement du concile dans un esprit révolutionnaire. Le vent des Etats Généraux de 1789 soufflait dans les travées de Saint Pierre de Rome !



Monseigneur Marcel Lefebvre 1905 - 1991

Depuis, « l’Eglise qui est en France » - il y aurait matière à dire sur cette expression adoptée par l’épiscopat qui est en France, nous y reviendrons ultérieurement- s’est toujours distinguée par ses positions nettement modernistes et par sa persécution de la Tradition. En revanche, ce même épiscopat, Monseigneur de Berranger en tête, si prompt à faire une repentance aussi stupide que non fondée historiquement, ne semble guère avoir d’états d’âme sur les graves dérives que connaît notre société. Quel soutien l’admirable Docteur Dor a-t-il reçu de nos évêques dans le pacifique et courageux combat qu’il a entrepris contre l’avortement ? Rares sont les évêques que l’on a entendu pour s’opposer aux lois contraires à l’ordre naturel des choses.

Devenue « experte en humanité », sa voix se perd parmi toutes celles des experts en humanité de tout genre, et Dieu sait s’ils sont légions ! Comme si la mission de l’Eglise était d’être experte en humanité !

Alors, sous le regard d’un épiscopat serve, acceptant sans broncher que l’on piétine la loi divine, les lois le plus invraisemblables ont été votées par nos parlementaires dont la seule préoccupation est de plaire au plus grand nombre afin de conserver leur siège au Palais Bourbon, nécessité alimentaire et privilèges avantageux obligent.

En relisant le livre que j’évoque ci-dessus, j’ai été frappé par le récit du procès du père Salomon Nathan. Ce moine bénédictin de la communauté de la Source eut à subir les foudres de l’épuration qui suivit la Libération de la France en 1944. Comme son nom le laisse supposer ce moine bénédictin est d’origine juive. Comme beaucoup de congrégations religieuses, au péril de la vie de leurs membres, face à un occupant implacable, l’abbaye de la Source avait hébergé pendant l’Occupation des Français recherchés par les autorités allemandes.

Arrive l’épuration de1944. On ne dira pas assez ce que fut cette période qui ne grandit pas la France et les Français. Après la veulerie qui conduisit à la débâcle magistrale de juin 1940, voici que notre peuple se comporte en bravache. Comme il est facile de s’en prendre aux êtres vulnérables ! C’est moins risqué que de combattre l’occupant les armes à la main. Ces êtres vulnérables, collaborateurs réels ou supposés, coupables ou innocents, furent la proie de la vindicte populacière sous le regard impassible des autorités françaises. Entre les femmes tondues, coupables d’avoir entretenu une relation sentimentale avec un soldat allemand, les commerçants accusés pour avoir vendu leur marchandise à l’occupant, jusqu’à Sacha Guitry, incarcéré pour avoir continué à exercer son talent artistique dans Paris occupé, l’histoire nous rapporte une multitude de faits avérés dont beaucoup font vomir par l’atrocité et la barbarie des « résistants » de la dernière heure. On évalue généralement à 40 000 le nombre des victimes de l’épuration mais il règne une grande incertitude sur la réalité des chiffres, tant le débat reste passionnel.

C’est donc dans ce climat haineux que la communauté bénédictine de Paris sera dénoncée en…1947, soit trois ans après la Libération ! La haine était manifestement tenace en ces temps-là. Que reprochait-on au père Salomon Nathan et ses confrères ? Tout simplement d’avoir hébergé des Français menacés par l’épuration. Traduit devant le tribunal correctionnel, le père Nathan est interrogé par le président. L’accusé ne nie aucunement les faits et s’en explique. De même que sa conscience de chrétien l’avait tenu de mettre à l’abri ceux qui étaient recherchés par les Allemands, de même cette même conscience le mettait dans le devoir de venir en aide à des personnes fussent-elles coupables de collaboration.

Faites le bien à vos ennemis, m’a appris l’Eglise. J’ignore ce qu’est la vengeance et je ne connais que le pardon, déclare l’accusé. Ces mots ne sont pas dans la bouche du père Nathan des propos de circonstance. Ils ont une valeur profonde. Six personnes de sa famille ont été massacrées par les nazis en raison de leur origine juive. Le sens du pardon n’est donc pas chez le moine bénédictin un vague devoir moral mais il s’applique douloureusement mais héroïquement, comme pour tous ceux qui ont décidé de marcher derrière le Christ.

Cela le juge le sait mais le magistrat n’en a cure. Il reproche même au père Nathan de manquer de cœur à l’égard de sa famille. Il faut croire que ce magistrat s’est érigé en directeur de conscience lorsqu’il questionne le religieux, lui demandant si en hébergeant des personnes recherchées, il ne s’était placé au dessus des lois et par là même n’avait pas commis le péché d’orgueil ! Le père Nathan ne se laisse pas démonter pour autant. Il réplique : « Non, j’ai estimé que la charité chrétienne et même la morale courante me faisait un devoir de protéger momentanément des hommes égarés ».

Manifestement, la réponse ne convainc pas le magistrat qui, enfermé dans sa logique épurative se donne bonne conscience : « c’est bien ce que je vous disais, vous vous êtes placé au-dessus des lois.

L’accusé s’explique néanmoins ; s’il a recueilli des personnes victimes de la Libération, c’est justement parce qu’il avait fait de même pour les victimes du nazisme. Dans les deux cas, il avait cherché à protéger des hommes en danger. Il ajoute même que les faits lui donnent raison (nous sommes, je le rappelle, en 1947). Le père précise que les tribunaux ont évolué et ne jugent plus avec la même sévérité qu’en 1945 les faits de collaboration.

Le père Nathan n’en sera pas moins condamné à un an de prison.

vendredi 30 novembre 2007

Patience

Chers amis lecteurs,
L'achat d'un nouvel ordinateur est source de fastidieuses opérations de configuration afin de transférer les logiciels de l'ancien P.C vers le nouveau. De multiples menus problèmes techniques apparaissent à ce moment là et exigent de longues heures de travail.
C'est la raison pour laquelle j'ai cessé momentanément de publier des articles que j'avais en préparation. mon nouvel ordinateur est prêt. Je reprendrais donc mes chroniques dès la fin de cette semaine avec une réflexion sur la loi humaine et la loi divine.
Je vous dis donc à très bientôt.

lundi 19 novembre 2007

Chronique de la vie quotidienne

L'autre jour je m'aperçois que mon téléphone portable est bloqué. Tant pis c'est de ma faute. J'ai complètement oublié de payer la facture qui était restée sagement dans son tiroir de rangement parmi d'autres factures en instance. Ce courrier est en général très abondant surtout en fin d'année où il s'agrémente de courriers de teinte verte - cela fait tellement plus écolo - à entête du Trésor Public.


Bref, ma facture de téléphone qui, elle, est plutôt orange est restée en souffrance et l'opérateur se rappelle à mon bon souvenir de façon radicale. Il est vrai que j'utilise assez peu le téléphone cellulaire. Je le prends quand je sors. C'est une sécurité au cas où. Il est pratique en vacances mais il se trouve que je ne suis pas en vacances 365 jours par an même si je suis désormais retraité. C'est pourquoi j'ai un modèle rudimentaire qui me semble déjà assez compliqué comme cela. On ne m'enlèvera pas l'idée que pour téléphoner il vaut mieux utiliser un téléphone et pour prendre des photographies se servir d'un appareil photo. Cela tombe sous le sens. Alors utiliser un téléphone pour prendre des photos, ou prendre son appareil photo pour téléphoner (c'est une question de point de vue, ce qui soit dit en passant va renforcer le relativisme ambiant) pensez donc! On nous fait maintenant des portables qui en plus de la photo font caméra, récepteur de télévision et que sais-je encore. A quand les appareils qui feront en plus machine à laver et fer à repasser? Moyennant quoi nos portables sont livrés avec une notice d'emploi qui va bientôt s'apparenter à un manuel de bord pour équipage de Boeing 747!


Revenons-en à ma facture, je m'écarte de mon propos mais il y aurait tellement à dire sur ces portables qui sont le reflet d'une société bien malade. Nous sommes samedi matin. Qu'à cela ne tienne je vais appeler l'opérateur pour régler directement par carte bancaire. Comme çà le téléphone sera débloqué. On peut appeler ledit opérateur à partir du portable c'est gratuit. Je ne peux pas puisque le mien est frappé d'interdiction! Je me rabats sur la ligne fixe. C'est payant. Tant pis mon vieux, la prochaine fois tu feras attention à ta facture!


Je compose un numéro pour me retrouver aussitôt dans un parcours labyrinthique. Une voix suave vous débite des banalités dont vous n'avez que faire mais ça fait durer la communication et pendant ce temps le destinataire engrange des sous. Il n'y a pas de petits profits. Puis la même voix me demande afin de me faire identifier de composer sur le clavier de mon téléphone les 10 chiffres de mon numéro de portable. Et c'est parti...zéro...six...zéro...huit...cinq... trois... zut! Il n'a pas affiché le cinq! J'efface et je recommence. Enfin on y arrive. Mais comme j'ai dépassé le temps imparti la voix anonyme me dit :"nous n'avons pas reconnu votre numéro, veuillez recomposer à nouveau...etc". Très discipliné je m'exécute. Enfin j'entends la voix à nouveau: "si vous appelez pour un abonnement tapez 1, si etc...tapez 2, si... si et si. Comme aucune proposition ne correspond à l'objet de mon appel je demande à parler à un conseiller. Je tape la touche correspondante. Toujours cette même voix féminine m'annonce que toutes les lignes sont occupées et que le délai d'attente est estimé à 5 minutes. Au point où j'en suis je vais attendre un peu. En plus pour le même prix j'ai droit à une musique, c'est épatant, non? Même si cette musique finit par vous taper sur les nerfs au bout de deux minutes. Le temps passe encore et de nouveau la voix féminine " Toutes nos lignes sont occupées, que faire? Vous pouvez rappeler un peu plus tard, vous pouvez nous appeler sur notre site www etc... Vous pouvez...vous pouvez et puis la voix s'arrête et tout est coupé. Bip bip bip. Vous avez passé 10 minutes pour rien et vous avez payé une communication à 0,15 euro la minute ou plus je ne sais plus.


Allons sur internet sur le site de l'opérateur. Au moins c'est gratuit! Je me connecte. Je clique sur "clients" puis "accéder à mon compte". Ah on me demande mon numéro de téléphone et mon mot de passe. Je compose mon numéro. Le mot de passe je ne sais plus, je n'ai pas consulté ce site depuis une éternité. En général j'utilise le même mot de passe sur tous les sites. Je ne sais pas si c'est bien prudent mais je n'ai pas envie de traîner un répertoire en trois volumes contenant tous les mots de passe et codes que l'on me demande quotidiennement et souvent pour accéder à des sites généralistes sans aucun caractère confidentiel.
Manque de chance, ce n'est pas mon mot de passe habituel. Comme je ne m'en souviens absolument pas je clique sur "vous avez oublié votre mot de passe". On me demande une nouvelle information du type l'âge de votre voisine de palier. J'entre l'information et je valide. C'est parti. En retour un message s'affiche. Votre mot de passe vous a été adressé directement sur votre téléphone portable!!!??? Cherchez l'erreur. Je veux payer pour débloquer ma ligne et on m'envoie le mot de passe sur cette même ligne bloquée.


Du coup, j'abandonne, pour aujourd'hui j'ai ma dose ! Finalement j'ai découpé le TIP joint à la facture, je l'ai rempli et je l'ai posté. Ca mettra un peu plus de temps. Après tout je ne suis pas pressé. Je me suis passé de portable pendant 45 ans. Je peux bien m'en passer 15 jours. Et si je m'en passais définitivement. Je vais y réfléchir. Je n'aurais plus à payer dans ma facture de téléphone les cachets publicitaires pharaoniques d'un joueur de football retraité qui est parti naguère, un soir d'été, sur un coup de tête.


Même jour samedi après midi. Nous filons au centre commercial de la Valentine sur l'autoroute en direction d'Aubagne. La Valentine. Il y a toujours le vieux village, celui que le petit Marcel Pagnol traversait après être descendu du tram qui l'avait amené de Marseille, quand il montait avec ses parents et son frère Paul aux Bellons leur maisonnette de vacances sur les flancs du Garlaban. Aujourd'hui il y a une autoroute, un centre commercial, des immeubles et les flancs du Garlaban se sont singulièrement couverts de constructions pas toujours très heureuses. Ah pauvre Marcel Pagnol, s'il revoyait aujourd'hui les lieux de son enfance!


Nous allons au centre commercial car j'ai décidé de remplacer mon ordinateur qui commence à dater par un nouveau P.C plus adapté à mes besoins. pensez l'ancien doit voir trois ans et demi. C'est une vraie pièce de musée. Je vais dans un magasin que sa publicité vante pour son célèbre contrat de confiance. S'ils le disent c'est que c'est vrai! Faisons donc confiance!


Discussions, comparaisons je me décide j'opte pour un appareil ACER. Il paraît que c'et le top du top, à en croire le vendeur. Je jugerai sur pièces. En attendant les caractéristiques techniques me conviennent. Je prends. Cinq minutes après le vendeur revient. Désolé nous n'en avons plus en réserve. Le dernier est parti il y a un quart d'heure mais je vous propose de le prendre dans un autre magasin. Nous nous installons de part et d'autre d'un bureau coincé entre deux rayons de marchandises. A Marseille Cantini, ils sont aussi en rupture de stock par contre il reste encore des modèles disponibles à Aubagne. Tant pis, j'irai à Aubagne. Cà me prendra une demi-heure de plus. Nous filons sur Aubagne. Un samedi après-midi à l'approche des fêtes de fin d'année, il y a du monde et ça roule mal. Tant bien que mal, je trouve le magasin et je prends en compte, après trois signatures, le colis qui m'attendait.


Retour à la maison. Je démonte l'ancien matériel. Je branche le nouveau P.C. J'appuie sur le bouton de mise en marche. Rien! Nada!Ecran noir total sur le moniteur! Je vérifie mes branchements, je teste avec un autre moniteur. Toujours rien. Je vais appeler tout de suite le vendeur. Je ne trouve nulle part le numéro de téléphone du magasin, ni sur la facture, ni sur le bon de garantie. J'appelle la ligne service après vente. Ah cette fois c'est une voix masculine et ça marche par reconnaissance vocale :"si vous appelez pour un téléviseur dites téléviseur". On sent d'entrée de jeu une relation très personnalisée entre le fournisseur et le client. Je tombe sur une opératrice et je lui débite mon histoire. Elle prend note et me dit qu'elle va me mettre en liaison avec un technicien. Musique. Je poireaute quelques minutes. L'opératrice revient et m'annonce que tous les techniciens sont occupés et me propose de rappeler dans une demi-heure. Une demi-heure plus tard je rappelle. Ce n'est plus la même opératrice. Cette fois-ci j'ai affaire à une voix masculine. Je raconte à nouveau mon histoire et l'opérateur de me répondre qu'ils sont saturés en raison de la grève et me demande de rappeler lundi matin. La grève? Qu'est ce que ça vient faire? Vous êtes fournisseur, vous êtes liés par des obligations vis à vis de votre clientèle. Et votre fameux contrat de confiance qu'est ce que vous en faites? Grève ou pas grève je n'ai pas à entrer dans ces considérations. Et l'opérateur de me répondre que je suis en liaison avec un centre situé en région parisienne qui tourne en sous effectif ce jour là, bon nombre de leurs techniciens n'ayant pu se rendre sur leur lieu de travail à cause de la grève qui sévit dans les transports publics.


Aujourd'hui lundi. Un technicien m'a appelé à 8 heures. Il me fait procéder à quelques manipulations techniques. Sa voix est absente. Il constate ce que je savais depuis samedi, à savoir qu'il y a un vice dans l'appareil et me dit qu'un technicien passera mercredi. Mon sang ne fait qu'un tour. Désolé, monsieur, j'ai acheté un produit neuf, il ne fonctionne pas. Je ne vais pas attendre trois jours. Il y a un vice manifeste. Je tiens à rapporter l'appareil au magasin et qu'on procède à un échange standard. Le technicien me dit alors de sa voix monocorde: "Dans ce cas j'annule l'intervention et vous rapportez l'appareil au magasin". je l'entends pianoter sur son clavier. J'arrête là la communication.


Cet après-midi j'irai donc rapporter l'ordinateur à Aubagne, mais je sens que le parcours du combattant n'est pas fini et que l'échange standard n'est pas inscrit dans la culture de cette maison malgré son contrat de confiance. J'opterai pour ma part plutôt pour un contrat de défiance.


En attendant quelle belle société s'annonce avec le règne de la communication numérisée! Je plains les jeunes générations car nous ne sommes qu'au début de ce phénomène.

Vous avez appelé la police ne quittez pas. Il m'est arrivé de l'appeler et j'ai eu ce message pendant de longues minutes alors qu'il avait urgence. Et il paraît que c'est le progrès! Bravo!

samedi 10 novembre 2007

11 novembre 1918 - 11 novembre 2007


Wir haben die Liebe erkannt, die Gott zu uns hat, und ihr geglaubt’’ (vgl. 4, 16).

Nous avons reconnu et nous avons cru que l’amour de Dieu est parmi nous.


Après quatre années d'une guerre fratricide le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin le clairon sonnait la cessation des combats. Entre le caporal Peugeot, premier soldat français tué au combat, et la dernière victime, près d'un million et demi de Français étaient tombés au champ d'honneur pour la défense de leur patrie.

N'oublions pas non plus les victimes des autres nations. Anglais, Américains, Allemands, Autrichiens, Italiens, Serbes et bien d'autres qui laissèrent sur les champs de bataille européens plus de 10 millions des leurs pour une cause qui leur échappait le plus souvent.

Jamais de mémoire d'homme une guerre n'avait été aussi meurtrière! Oui, vraiment elle avait été d'une telle violence, d'un tel acharnement destructeur pour que tout esprit sensé ne puisse imager un instant que l'on "remette çà" un jour. Aussi, les Poilus l'avaient-ils appelée "La Der des ders" alors que déjà se profilait une guerre plus terrible encore, plus effroyable qui engloutirait l'Europe toute entière dans un océan de feu et de mitraille.

Tranchée allemande


Mais cela ils ne le savaient pas encore, ces pauvres survivants des enfers de Verdun, d'Argonne, du Chemin des Dames, de la Marne et de toutes les batailles qui se déroulèrent sur ces terres qui sentaient si bon le terroir de France, ces terres de la Champagne, de la Woëvre, de l'Artois, du Barrois, de la Picardie, où le paysan semait jadis le seigle, le blé et la luzerne et où eux étaient venus récolter la souffrance, les larmes et le sang. Ils ne pouvaient supposer que cette guerre dont l'horreur ne pouvait qu'inciter les hommes à proscrire à jamais toute violence entre les états, que cette guerre dont ils pensaient qu'elle avait atteint les sommets de ce que l'homme pouvait produire de pire, n'était qu'un avant goût d'une tragédie plus effroyable encore qui aurait lieu vingt ans plus tard.

Tranchée française sur le Chemin des Dames


Aujourd'hui que les passions se sont apaisées, unissons dans notre prière toutes les victimes sans distinction de nationalité afin que leur sacrifice demeure à jamais vivant et soit une leçon pour tous afin que l'humanité sache que jamais une guerre n'a réglé un conflit entre nations, bien au contraire. Elles entretiennent des haines tenaces et des désirs de revanche exacerbés.

La guerre fraîche et joyeuse ça n'existe pas!

Puissions nous aussi nous rappeler que nos nations, chrétiennes dans leur âme profonde, n'auraient jamais dû arriver à tel degré de barbarie si elles ne s'étaient pas détournées de Dieu, les uns au profit d'un laïcisme belliqueux, les autres dans l'exaltation du kulturkampf.

Saint Pie X vit arriver la guerre avec une infinie douleur. Le 2 août 1914, jour de la mobilisation générale en France, le souverain pontife publia une exhortation appelant tous les catholiques à quelque camp qu'ils appartiennent à se tourner vers le Christ, Prince de la Paix. Ce fut son dernier acte pontifical. Son secrétaire d'Etat, l'admirable cardinal Merry del Val rapporta plus tard dans son ouvrage Pie X. Impressions et souvenirs :

"L'horreur de la guerre le tourmentait et l'obsédait jour et nuit. L'invasion de la Belgique et les nouvelles des premières batailles l'accablèrent de douleur."

Vivant dans son corps comme dans son âme déchirée" la plus poignante douleur pour le salut et la vie de tant d'individus et de peuples", selon ses propres termes, Pie X éprouva des malaises grandissants dès le 15 août. Le 20 août, peu après une heure du matin, il remit son âme entre les mains du Père dans un dernier acte d'Amour : "Gesu, Giuseppe e Maria, vi dono il cuore dell'anima mia". La guerre avait tout juste commencé trois semaines auparavant!

vendredi 9 novembre 2007

L'affaire Jeanne d'Arc ou la ténébreuse affaire

Vient de sortir un nouvel ouvrage sur Jeanne d'Arc, un de plus dirais-je, intitulé l'Affaire Jeanne d'Arc. Ecrit par Marcel Gay et Roger Senzig, deux fins limiers, le premier étant grand reporter à l'Est Républicain plus spécialement chargé de traiter les affaires judiciaires, le second étant, tenez-vous bien, un ancien membre des services secrets de la France libre pendant la dernière guerre mondiale. Inutile de vous dire qu'avec un tel duo on ne peut s'attendre qu'à des révélations extraordinaires sur la vie de Jeanne d'Arc.

Le titre du livre d'ailleurs suggère l'idée même d'une affaire mystérieuse : l'affaire Jeanne d'Arc, comme on parlerait de l'affaire du courrier de Lyon, de l'affaire Callas ou de l'affaire Sirven ou du mystère du masque de fer sous Louis XIV. Le lecteur déchantera très vite. En guise de révélations, les deux historiens en herbe, qui en matière d'investigation font plus penser aux Dupont et Dupond d'Hergé, nous annoncent que les origines de Jeanne d'Arc ne sont pas celles que l'histoire veut bien nous rapporter. De plus, la Pucelle d'Orléans n'est pas morte sur le bûcher à Rouen. Il y aurait eu au dernier moment une substitution de personnes. En réalité, on retrouve Jeanne d'Arc cinq ans plus tard environ sous le nom de Claude des Armoises.

L'Affaire Jeanne d'Arc où l'art d'écrire pour ne rien dire.

Nihil novi sub sole!



Les auteurs partent de faits surprenants dans la vie de Jeanne, certes. Comment une jeune paysanne provenant des marches de la Lorraine, parlant un français patoisant qui n'avait pas grand-chose de commun avec le français tel qu'il était parlé à la cour de Charles VII a su montrer d'emblée une excellente connaissance du français d'Ile de France? Dès son arrivée à Chinon, Jeanne fait preuve, malgré ses origines humbles, d'une extraordinaire aisance parmi les grands du royaume, les docteurs en théologie etc ? A son procès, elle témoignera d'une grande vivacité d'esprit qui prouve qu'elle est loin de l'image de la bergère inculte, bergère qu'elle ne fut d'ailleurs jamais comme elle le confirma devant ses juges à Rouen.



Jules Bastien-Lepage Jeanne d'Arc à Domrémy - 1879

Metropolitan Museum of Art, New York



Pour nos deux enquêteurs, la réponse est simple : Jeanne d'Arc ne saurait être en aucune façon la fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, paysans lorrains passablement fortunés. Son aisance, sa maîtrise de la langue française trahissent des origines de haute noblesse.

Pour remettre en cause la version historique de la mort de Jeanne d'Arc, nos limiers s'appuient sur un document parfaitement connu des historiens intitulé Chroniques du doyen de saint Thibault de Metz dont un exemplaire est archivé à la Bibliothèque nationale. Il y est dit ceci :

"L'an 1436, sire Philippin Marcoult fut maître échevin de Metz; la même année, le 20 mai 1436 la Pucelle Jeanne qui avait été en France, vint à la Grange aux Ormes, près de Saint Privat et fut amenée là pour parler avec les seigneurs de Metz. Elle se faisait appeler Claude. Le même jour, ses deux frères vinrent la voir en ce lieu. L'un était chevalier et s'appelait messire Pierre, l'autre Petit Jean, écuyer, et ils croyaient qu'elle avait été brûlée. Mais sitôt qu'ils la virent, ils la reconnurent elle les reconnut de même. »

Bien entendu, nos pseudo historiens ne croient pas du tout au caractère divin de la mission de Jeanne. À ce propos ils écrivent ceci :

« Cette dimension surnaturelle qu'elle donne à ses actes pour expliquer ses nombreux succès fait plutôt sourire de nos jours. Car, aujourd'hui, aucune personne sensée n'ose plus croire à l'intervention des esprits sur les événements de la vie publique. Et les plus fervents catholiques ne conçoivent pas que des êtres immatériels, les anges, les saints et les saintes du paradis, se mêlent aussi directement de politique au point de prendre le parti de l'un contre le parti de l'autre. Sauf, peut-être, une poignée d'irréductibles intégristes. »

Ce passage, au demeurant, reflète l'esprit du livre. On affirme de façon péremptoire, gratuitement, sans citer des références précises, ou apporter des preuves. Qu'est-ce qui autorise Senzig et Gay à affirmer que les plus fervents catholiques ne puissent un instant souscrire à l'épopée de Jeanne telle que nous l'enseignent l'Eglise et l'histoire? Et d'en profiter au passage pour faire une allusion perfide aux irréductibles intégristes, seuls capables d'accréditer de telles sornettes. Tant qu'à faire, il faut rester dans le politiquement correct toujours prompt à dénoncer le catholicisme.

Ceux qui pensaient découvrir un scoop, comme on dit si bien aujourd'hui, en seront pour leurs frais. Les thèses développées et par les Rouletabille et James Bond amateurs, ne leur en déplaise, sont loin d'être nouvelles.

Dans le livre qu'elle consacre sur Jeanne d'Arc et paru en 1986, Régine Pernoud, l'éminente médiéviste consacre une grande part de son ouvrage aux différentes controverses concernant les origines et la vie de la Pucelle. Elle évoque l'hypothèse de l'origine bâtarde royale. Jeanne serait pour certains la bâtarde, fruit des amours illégitimes d'Isabeau de Bavière, épouse du roi de France Charles VI, et de son frère Louis d'Orléans. Elle serait donc la demi-soeur par sa mère de Charles VII, le "Gentil Dauphin" qu'elle avait décidé de faire sacrer à Reims. C'est ce que Régine Pernoud appelle la thèse des "bâtardisants" qui reprend en fait les allégations d'un obscur sous-préfet de province qui, dit-elle, certainement pour tromper son ennui du fond de sa sous-préfecture, fit paraître en 1805 un ouvrages faisant de Jeanne la fille adultérine d'Isabeau de Bavière.

Régine Pernoud revient également sur la thèse des "survivantistes", celle qui affirme que Jeanne ne serait pas morte, brûlée vive, arse comme en disait à l'époque, comme le rapporte l'histoire, à Rouen le 31 mai 1431. Il serait beaucoup trop long ici de développer l'argumentaire de l'historienne qui démonte point par point les allégations des survivantistes lesquels ne sont pas, selon elle, à une contradiction près. Elle admet, cependant, que le fait que ses frères aient reconnu Jeanne constitue un élément plutôt troublant. C'est d'ailleurs le seul élément qui pourrait accréditer la thèse de ceux qui nient le supplice de la Lorraine. Il n'est pas exclu, toujours selon Régine Pernoud, que Petit Jean, un des deux frères, ait pensé tirer partie des affabulations de Claude des Armoises, l'aventurière, pour demander des subsides au roi et tenter de s'enrichir à ses dépens.

Pour rejeter cette thèse, l'historienne se fonde surtout sur le procès de réhabilitation qui serait alors devenu une espèce de mascarade organisée par la mère de Jeanne d'Arc nécessitant une complicité généralisée dans laquelle l'Eglise aurait trempé. Il est peu pensable que l'Eglise, et le pape avec, qui réhabilite la jeune Lorraine, se soient compromis en déclarant que Jeanne avait été brûlée si tel n'avait pas été le cas.

L'affaire Jeanne d'Arc, version Roger Senzig et Marcel Gay n'est donc pas une approche historique fondée sur des arguments nouveaux mais bien la reprise de thèses maintes fois avancées, développées et ressassées. Le moins que l'on puisse dire c'est que leur ouvrage ne fait pas preuve de la plus grande originalité.

Le prince Michel de Grèce qui s'est spécialisé dans les biographies et les romans historiques publia en 2002 un livre intitulé la conjuration de Jeanne. Une fois de plus on y retrouve la remise en cause des origines et de la mort de la Pucelle.

Et pour donner plus de suspense à leur ouvrage le journaliste comme l' agent secret, qui doit être dans son élément naturel, n'ont rien trouvé de mieux que d'évoquer au passage une manipulation du Vatican. Une de plus ! Au train où vont les choses, après le Da Vinci code, on peut se demander si le Saint Siège ne va pas être transformé en une officine d'agents secrets de haute volée, devant lesquels les espions de l'ex KGB passeraient pour des amateurs et des charlots. Bien entendu il est fait allusion aux archives secrètes du Vatican dans lesquelles se trouvaient des documents faisant état de la véritable origine de Jeanne d'Arc. Comme ces archives du Vatican sont bien pratiques ! Elles justifient tous les délires. On peut se demander si demain on ne nous révélera pas le secret de la mort de Marilyn Monroe ou de la princesse Diana grâce à l'existence des archives secrètes du Vatican.

A en croire les deux narrateurs, on pouvait donc s'attendre à des révélations inouïes au sens littéral du terme. Hélas! Manque de chance, comme par hasard les documents concernant l'identité de Jeanne d'Arc ont disparu des archives du Vatican. Tenez-vous bien! Le cardinal Tisserant qui était, à la mort du pape Pie XII, le doyen du Sacré Collège aurait profité de ses fonctions de cardinal bibliothécaire archiviste pour subtiliser les documents en question afin que la vérité ne soit pas connue.

A gauche le cardinal Eugène Tisserant. A droite Monseigneur Lefebvre délégué apostolique pour l'Afrique


Et ce n'est pas fini! Pour clore cette série d'élucubrations, viennent tomber comme un cheveu dans la soupe, à la fin du livre, les travaux d'un scientifique ukrainien, le docteur Sergueï Gorbenko qui aurait travaillé sur les ossements de la basilique de Notre-Dame de Cléry. On y trouve aujourd'hui, dans la crypte, les ossements de Louis XI et de son épouse Charlotte de Savoie. Ils ne sont pas les seuls à avoir été enterrés là. D'autres ossements ont été retrouvés, notamment ceux de Dunois, le compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. Selon le docteur Gorbenko, parmi les restes, il aurait identifié le crâne de Jeanne d'Arc ce qui lui aurait permis d'établir la véritable histoire de la Pucelle d'Orléans. Gorbenko aurait écrit un ouvrage sur ce sujet. Problème, et non des moindres, ce livre est introuvable! Personne ne l'a jamais vu. C'est l'arlésienne version Kiev! Nous n'en saurons donc pas plus sur ce crâne ni sur la véritable histoire.



Notre Dame de Cléry

Tout ceci fait un joyeux maelström dans lequel on a peine à s'y retrouver. Non seulement on n'y apprend rien de neuf, mais en plus on finit par s'y perdre totalement. En tout cas rien de bien convaincant qui justifie la lecture de cet ouvrage.

Assurément, ce livre n'ira pas dans ma bibliothèque personnelle prendre sa place aux côtés des différents ouvrages historiques sérieux traitant de la vie de Jeanne d'Arc dont, notamment, ceux de Régine Pernoud.

Une fois de plus, nous constatons le malin plaisir d'historiens autoproclamés qui se croient autorisés à réécrire notre histoire sur la base de ragots, de divagations et de délires paranoïaques. Comme toujours, c'est toujours la foi catholique qui est visée.


Le gendarme Merda ouvrant le feu sur les partisans de Robespierre

A quand, puisqu'on se complait dans le révisionnisme un livre retraçant les amours secrètes de Robespierre et Charlotte Corday qui, excédée, assassina le pustuleux Marat, lequel la pressait de ses assiduités, alors qu'elle était follement éprise de l'Incorruptible? Elle ne fut pas guillotinée car Robespierre intervint et fit procéder à une substitution à la Conciergerie, pas plus que Robespierre ne fut lui-même guillotiné par la réaction thermidorienne. On avait également procédé à une savante substitution. D'ailleurs, souvenez-vous, quand le supposé Robespierre fut conduit à l'échafaud, il portait un pansement à la mâchoire, suite, à ce qu'on nous dit, au coup de feu du gendarme Merda (authentique, par contre! Et ça ne s'invente pas!). Vous n'y êtes pas, amis lecteurs crédules, le pansement était destiné à camoufler le visage de celui qu'on avait envoyé à la guillotine à la place du grand illuminé. En réalité Charlotte et Maximilien se retrouvèrent après la révolution. Ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants et vécurent heureux. D'ailleurs demandez au Vatican, la preuve du mariage existe dans les archives secrètes! A moins que le Cardinal Tisserant ne l'ait subtilisée, sait-on jamais!

dimanche 4 novembre 2007

A VERT issement aux lecteurs!

Hors de l'écologisme point de salut! Le monde jusqu'à présent avait eu droit à une multitude d'idéologies allant du bolchevisme en passant par le stalinisme, le trotskisme, le maoïsme. On a même trouvé des "ismes" là où il n'y en n'avait pas. Monseigneur Lefebvre a créé, à en croire nos chers médias, une nouvelle théologie, le lefebvrisme! C'est, d'ailleurs, faire beaucoup d'honneur au défunt archevêque qui n'en demandait sûrement pas tant, lui dont le combat a consisté à maintenir la foi catholique dans toute son intégrité - Tradidi et quod accepi- sans apporter quelque innovation de son cru. Au demeurant, il serait intéressant de poser la question aux journaleux "sçavants", comme on l'écrivait du temps de Molière, de savoir ce qu'est très exactement le lefebvrisme. Je pense que nous aurions droit à quelques réponses savoureuses. Mais là n'est pas la question du jour.

Nous avons donc une idéologie nouvelle dont on nous dit désormais qu'elle est la seule possible pour assurer le salut de l'humanité. Je me suis empressé d'acheter le livre vert de Ma(hul)o afin d'en savoir un plus sur l'écologisme salvateur. Empressé, à bien y penser, cela me paraît excessif puisque je ne l'ai acheté qu'il y une quinzaine de jours seulement.



Le nouveau guide vert vient de sortir!


Très vite le livre m'est apparu passionnant et empreint d'une immense liberté intellectuelle. Cela commence d'emblée par la couverture qui nous indique que la bible Hulot est écrite avec le concours du "comité de veille écologique". Bigre! Nous avions eu dans le temps les comités de salut public républicains aux heures joyeuses de la révolution rouge sang de 1789 et de la Terreur et voici qu'on nous sert un comité vert. Les comités de salut public, de sinistre réputation, n'étaient même pas qualifiés de veille. Le nôtre si. Cela promet!

Et comme comité de veille il y a, l'éditeur de Monsieur Hulot s'empresse de faire allégeance à la bien pensance verte. Avant même la page de dédicace, notre éditeur se fend d'une déclaration solennelle dont je vous donne la teneur. Je ne peux résister davantage au plaisir de vous la livrer telle qu'elle figure dans le livre du chantre du messianisme vert. Cela vaut son pesant de cacahuètes, vertes, cela va de soi!



NOTE EXPLICATIVE
SUR LA FABRICATION DU LIVRE



Ce livre a été imprimé sur du papier recyclé UPM Brite 55 g/m2 fabriqué à la papeterie de la Chapelle Darblay pour l'intérieur du livre et Cyclus offset 300 g/m2 des papeteries Dalum pour la couverture.
Ces papiers sont fabriqués avec un agent blanchis­sant non chloré à 100 % à base de pâte issue de vieux papiers récupérés après usage sans apport de fibres de bois vierges, ce qui explique leur teinte très légèrement grisée. L'utilisation d'un papier 100 % recyclé peut entraîner quelques contraintes : suivant la nature du papier utilisé pour confectionner la pâte, qui varie quelque peu selon les arrivages, la teinte et la tenue du papier peuvent subir des variations légères. Quelques imperfections visuelles peuvent donc être observées, témoins caractéristiques de la production naturelle du papier. Nous comptons sur votre compréhension si vous en rencontrez dans cet exemplaire. Il nous a en effet paru essentiel d'utiliser, pour fabriquer cet ouvrage, une matière et des techniques en cohérence avec son contenu.

L'éditeur



Comme je ne tiens pas à être suspecté d'hérésie anti-écologisme et finir sur un bûcher purificateur, il m'a semblé urgent de faire moi-même une déclaration de soumission de crainte d'être accusé de collaborationnisme avec les immondes pollueurs que je tiens à dénoncer ici de la façon la plus formelle. C'est pourquoi je tiens à préciser que j'utilise exclusivement pour les besoins de mon blogue un ordinateur et une imprimante de marque Machpro, mais version A+B Pré Carré (marque déposée) – très important et je tiens à le préciser. La souris est nourrie aux grains de canna… euh, pardon, aux grains d'avoine que je cultive sur mon balcon, sans pesticide cela s'entend. Pour les cartouches de mon imprimante je me fournis chez Verpom qui n'utilise que de l'encre de seiche purifiée après filtrage selon la méthode Borhulot-Grenelle version 2007, laquelle méthode a reçu le prix des Deux Nicolas.

C'est pourquoi j'attire l'attention des lecteurs de ce site sur les éventuelles imperfections qu'ils pourraient observer dans ces pages, notamment les fautes de frappe ou les fautes de grammaire. Je les prie de m'accorder leur indulgence mais il était de mon devoir de mettre mon blogue en cohérence avec l'hystérie générale qui s'est emparée de ce pauvre pays.



Ouf je l'ai dit!

jeudi 1 novembre 2007

Gaudeamus




Introït de la messe de la Toussaint

Une précision pour les personnes qui seraient mal informées quant à la liturgie catholique: la Toussaint n'a jamais été la "fête" des morts comme on peut le lire dans la presse qui se permet de commenter la vie de l'Eglise sans rien en connaître.

Certes, par définition les saints sont tous des défunts mais la célébration de tous nos saints, fête de première classe dont la couleur liturgique est le blanc et non le noir, est une fête joyeuse comme nous le rappelle l'introït de la messe avec le gaudeamus - réjouissons-nous.

La Toussaint marque notre communion joyeuse avec tous ceux qui nous ont précédé, immense cortège de tous les saints comme le chante le cantique en français, et que l'Eglise a canonisés en nous invitant à suivre leur chemin de sanctification. N'oublions pas pour autant tous ceux, anonymes, et je suis convaincu qu'ils sont nombreux, qui ont mené sur terre une vie édifiante mais cachée, qu'ils soient religieux ou religieuses, pères ou mères de famille. La sainteté n'est pas la célébrité. D'ailleurs bon nombre de saints ont vécu leur pèlerinage terrestre dans l'humilité et la discrétion comme sainte Catherine Labouré, soeur de la Charité à qui la Vierge Marie apparut en 1830 dans la chapelle de la rue du Bac à Paris.


Le corps de sainte Catherine Labouré telle qu'on peut le voir dans sa châsse aujourd'hui au 140 de la rue du Bac, à la chapelle de Notre Dame de la Médaille miraculeuse.

Le 2 novembre n'étant pas jour férié, les vivants ont anticipé en venant fleurir les tombes des défunts à l'occasion de la Toussaint. En fait, la commémoraison des morts a lieu le lendemain, 2 novembre, célébration de première classe de couleur liturgique noire, signe du deuil dans la tradition catholique (et non le violet qui est signe de pénitence).

mercredi 31 octobre 2007

L'Inquisition


Dans l'article précédent, j'avais délibérément mis de côté la question de l'Inquisition considérant qu'elle nécessitait un développement particulier qui aurait considérablement alourdi un article déjà long. Néanmoins, comme régulièrement la pensée servile nous ressert l'horrible Inquisition créée par l'Eglise, avec ses cachots, ses chaînes, ses tortures et, pour couronner le tout, ses bûchers, il me paraît indispensable de faire un retour en arrière et voir ce que fut réellement cette juridiction de l'Eglise.

François Vallançon, professeur de philosophie du droit à Paris II écrivait en 1995 dans la Nef que ce n'est pas tellement les excès que l'on reproche à l'Inquisition mais son principe même. Il ajoutait que l'on ne peut se contenter de répondre autres temps, autres mœurs, ce qui serait en soi un déni de justice historique et une imputation d'irrationalité.

On ne peut englober toute l'histoire de l'humanité dans un même sac et nier au temps un rôle éminent. On ne m'empêchera donc pas de penser qu'il est complètement anachronique de juger les pratiques des siècles passés à la lumière de la pensée moderne, tant les mentalités et les conditions de vie ont évolué. Je ne vois pas en quoi cela peut constituer un déni de justice et une imputation d'irrationalité. Je verrais même, a contrario, une irrationalité flagrante à juger nos ancêtres à l'aune de la pensée moderne.

Un prêtre, il y a quelques années, m'a dit un jour que le grand drame de notre société est de vivre dans le sentimentalisme. Cela l'empêche de poser les problèmes correctement et bien évidement, par voie de conséquence, notre société n'est plus en mesure d'apporter les bonnes réponses. Or, la société médiévale et je dirai même la société jusqu'au milieu du XXème siècle ne connaît pas le sentimentalisme, cette forme de sensibilité qui n'a rien à voir avec la charité au sens où l'entend l'Eglise (Caritas). Comment pourrait-elle tomber dans le sentimentalisme tant les conditions de vie sont rudes? On ne s'apitoie pas sur son sort, a fortiori, sur le sort de tous ceux qui mettent en péril la cohésion sociale.

Portons-nous aux XVIIème et XVIIIème siècles, plus précisément à la cour du Roi-Soleil, donc bien après l'époque médiévale. L'histoire reconnaît au roi Louis XIV 18 enfants - du moins officiellement - issus, soit de son mariage avec Marie-Thérèse, soit de ses liaisons adultérines.

Sur ces 18 enfants 10 mourront avant l'âge de 10 ans. Sur les 8 survivants 6 atteindront l'âge adulte, soit 1 sur 3. Or nous sommes dans un milieu ô combien favorisé et même si l'on se méfie de l'eau (on l'utilise modérément pour se laver car on craint qu'elle n'apporte des maladies), les conditions d'hygiène n'ont rien à voir avec la France d'en bas, pour parler comme Jean-Pierre Raffarin, c'est-à-dire la France paysanne, celle où l'on fait vie commune avec le bétail, excellent chauffage central en hiver.

Quand le roi se fait opérer d'une fistule anale en 1687, l'asepsie chirurgicale est parfaitement inconnue, quant à l'anesthésie on en reparlera deux siècles plus tard. Quand Dominique Larrey, chirurgien de la Grande Armée, ampute les blessés sur les champs de bataille napoléoniens, il n'est pas davantage question d'anesthésie. Mettons-nous un instant dans la peau de ces hommes et de ces femmes de l'époque et imaginons une extraction dentaire à vif. Je n'ose même pas parler d'une amputation sans anesthésie, je sens que certains lecteurs vont défaillir à cette simple évocation de la chirurgie d'antan. Je serai le premier à les comprendre car comme tous mes contemporains j'ai perdu le sens de la douleur.

Dominique Larrey chirurgien militaire de l'armée napoléonienne


Ne nous étonnons donc pas que, dans une société où la douleur ne peut être soulagée, où la mort rôde à tout instant (pas une famille n'est épargnée par la mort d'un ou plusieurs enfants), les mœurs soient particulièrement endurcis. C'est une simple question de survie psychique, faute de quoi l'homme aurait sombré dans la folie. Mon propre père, né en 1918, est issu d'une fratrie de sept enfants dans laquelle seulement trois survécurent et cela se passe au début du XXème siècle. Passez-moi l'expression, mais il fallait être rudement blindé pour faire face à des conditions de vie aussi rudes et qui dépassent notre entendement.


Les défenses immunitaires

Dans toute organisation biologique des micro-organismes sont chargés d'assurer la défense du corps vivant face aux éléments susceptibles de mettre la vie en danger. Les globules blancs ont reçu cette fonction dans notre organisme. La société est à l'unisson de l'individu. Elle doit pour vivre produire ses propres leucocytes. Dans une société qui n'a pas d'état d'âme, cela ne pose aucun problème. On élimine ceux que l'on considère comme nuisibles, les criminels comme ceux qui mettent en danger l'unité morale et spirituelle de la société. C'est pourquoi les déviants en tous genres sont lourdement sanctionnés. Les chrétiens furent les premiers à subir les effets de cette intransigeance. Refusant d'adorer l'empereur divinisé, ils mettaient en danger l'unité romaine et furent condamnés comme tels. Calvin, lui-même, aura recours au bûcher quand cela sera nécessaire pour la défense de la Réforme.

De nos jours, avec le principe de tolérance généralisée (pas tout à fait quand même) les anticorps de notre société moderne ne jouent plus, mais nous ne recourrons pas davantage aux médicaments. Tout au plus nous utilisons des placebos qui ne font pas illusion bien longtemps. Or un organisme sans défense immunitaire meurt rapidement. Une des conséquences cliniques de la mort est la désintégration du corps. Il se putréfie car toutes les défenses sont elles aussi mortes. Notre société semble bien en voie de putréfaction tant nos défenses naturelles sont inopérantes.

Nos ancêtres l'avaient bien compris. C'est pourquoi, à l'inverse de ce que nous faisons, la société de jadis produisait ses anticorps sans état d'âme et avec la rudesse des mœurs de l'époque. Dans l'univers de chrétienté que constituait le monde médiéval, l'Inquisition fut instituée pour combattre les hérésies. Cette institution, contraire au message évangélique du Christ, heurte notre conscience de chrétiens d'aujourd'hui mais elle est une institution de son temps qui s'inscrit totalement dans la société médiévale des oratores, bellatores et laboratores. Son existence s'intègre dans la mentalité de l'époque au même titre que les ordres militaires, inconcevables de nos jours. Imagine-t-on un instant des religieux vivant aujourd'hui dans l'observance d'une règle monastique ou canoniale, liés par des vœux à leur ordre au même titre que des bénédictins ou des cisterciens, mais fourbissant dans le même temps leurs armes de combat, entretenant leur chars Leclerc et se préparant au combat en vue de la prochaine mission d'intervention sous mandat de l'ONU? Or, c'est pourtant ce que furent les Templiers, moines et soldats à part entière.


Les ordres militaires médiévaux dont les Templiers, moines et soldats à la fois


Parler de l'Inquisition au singulier est une impropriété car nous n'avons pas affaire à une juridiction unique. Certes, l'Inquisition est une institution du Siège Apostolique mais elle est représenté par des délégués du Pape et fonctionne sur un mode très décentralisé. Les évêques doivent leur apporter aide au plan local. Disposant d'une large autonomie, les inquisiteurs agiront avec plus ou moins de rigueur selon leur tempérament. La volonté du pape Grégoire IX en fondant en 1231 par la constitution Excommunicamus l'Inquisitio hereticae pravitatis était de soustraire les personnes accusées d'hérésie à la juridiction laïque plus portée à condamner qu'à sauver. Mais c'est aussi pour le souverain pontife une volonté politique, à savoir ne pas laisser le pouvoir laïc empiéter dans le domaine de l'Eglise.

Contrairement à l'image qui en a été faite, l'Inquisition ne passa pas son temps à alimenter les bûchers en envoyant sur leurs fagots les individus convaincus d'hérésie. On considère à 400, selon les études les plus sérieuses, le nombre de condamnés à mort pendant les dix premières années du fonctionnement de l'Inquisition espagnole, la plus sévère qui fut. Selon certaines estimations les peines par le feu prononcées par l'Inquisition s'élèveraient à 2 % des jugements rendus.

Les tribunaux inquisitoriaux auront recours le plus souvent à des pratiques pénitentielles telles que le pèlerinage, la prise de croix. Les juges plus soucieux du salut des âmes ne condamneront au bûcher que les cas avérés d'hérésie et les relaps. Est appelé relaps (du latin relapsus, retombé) celui qui après avoir renoncé à son hérésie retombe dans la faute. Il y une trahison de la parole qui montre que l'individu persiste dans l'erreur et donc ne peut s'amender. Pour le maintien de l'unité sociale il n'existe donc plus d'autre solution alors que d'éliminer celui qui met cette unité en danger.

Scène de l'Inquisition d'après u tableau du XIXème siècle. Confrontation entre le franciscain Bernard Délicieux et le tribunal.

Néanmoins, au fil du temps, les inquisiteurs, loin de Rome, furent soumis aux pressions du pouvoir politique; un exemple parlant est celui du procès des Templiers en France, voulu par Philippe le Bel. On observera ailleurs en Europe les mêmes dérives aux XIVème et XVème siècles. Toutefois, on reste bien loin du prétendu bain de sang et des 100 000 victimes attribuées à Torquemada. La vérité exige aussi que l'on rectifie le portrait fait de cet homme qui ne fut pas, tant s'en faut, une brute sanguinaire. Ses jugements furent empreints de modération et ses décisions font appel autant au pardon qu'à la répression quand celle-ci était nécessaire pour les raisons que nous avons évoquées plus haut. Les esprits impartiaux reconnaissent à l'Inquisition une justice supérieure à toutes les autres. En fait, elle préfigure dans une certaine mesure la justice moderne par ses règles procédurales, là où, à l'époque, la justice laïque se montrait pour le moins brutale et expéditive. La notion de pardon et de pénitence lui était totalement étrangère.

Ce qui est choquant, ce n'est pas tant l'Inquisition en elle-même car, je le répète, elle s'inscrit dans un contexte qui n'est pas le nôtre mais bien plutôt la mauvaise foi des contempteurs haineux de l'Eglise qui dénoncent la juridiction d'une certaine époque mais regardent avec complaisance le Révolution de 1789 et la Terreur qui fit beaucoup plus de victimes, la plupart totalement innocentes et qui font les yeux doux aux systèmes de pensée qui entraînèrent la mort de millions de victimes. On n'a guère entendu dénoncer en ce 90ème anniversaire de la révolution d'octobre 1917 les conséquences tragiques de l'idéologie marxiste pour le peuple russe, sans parler de victimes du communisme en Asie et en Afrique. Or la conscience humaine a évolué depuis le Moyen Age, ce qui excuse d'autant moins. On nous bassine sans cesse avec les Lumières. Elles n'ont pas empêché la sanglante et effroyable Terreur pas plus que la chape de plomb qui tomba sur l'Union soviétique.

Louis XVI devait être condamné à mort, ainsi en avaient décidé les révolutionnaires. Certains considéraient même son procès inutile car sa condition même de roi le rendait ipso facto coupable sans la moindre circonstance atténuante tandis qu'un procès laissait supposer qu'il pouvait être innocent des "crimes" qu'on lui imputait. On mesure le "grand progrès" que fut la révolution pour la pensée humaine.

Notre époque moderne n'a pas su davantage prévenir ces deux cancers que furent le nazisme et le communisme, tout imbus des Lumières que nous étions supposées être, lesquelles "Lumières" devaient éclairer l'humanité. Quelle arrogance! Quelle présomption!

C'est pourquoi je regarde l'Inquisition comme un temps douloureux dans l'histoire tourmentée de l'humanité car elle met en cause l'Eglise dont la mission, reçue de Notre Seigneur Jésus Christ, est d'annoncer le règne de Dieu. L'Inquisition fait donc partie des tribulations de l'humanité mais ne comptez pas sur moi pour faire repentance. Les repentances à sens unique non seulement n'apportent rien mais elles peuvent, au contraire, conforter les adversaires de l'Eglise dans la certitude de leur idéologie mortifère. Le catholique d'aujourd'hui ne se reconnaît en rien à travers l'Inquisition médiévale. On ne peut en dire autant des républicains et laïcistes convaincus dont le silence assourdissant face aux parodies de procès, aux exécutions sommaires, à l'oppression organisée méthodiquement laisse clairement entendre qu'ils se reconnaissent plus ou moins dans ces systèmes idéologiques qui gardent encore de nombreux partisans.

samedi 27 octobre 2007

Moyen-Age, Eglise et obscurantisme


Le temps disponible que me procure mon statut de retraité me permet depuis trois ans de dispenser différents cours de préparation aux épreuves de culture générale des examens prévus dans le cadre du déroulement de carrière ou en vue du concours d'admission à l école des officiers de gendarmerie. Ces cours s'adressent donc à des auditoires de niveaux différents. Toutefois, les élèves ont en commun leur jeune âge, relativement au mien! Les plus jeunes ont environ 27 ans et les plus âgés la quarantaine. Le niveau général est assez moyen dans son ensemble mais ce qui frappe de prime abord c'est avant tout le grand conformisme de pensée. La propagande officielle et l'œuvre d'abrutissement de l'éducation nationale, visiblement, ont porté leurs fruits.

Récemment, nous travaillions sur un sujet donné cette année même à un examen en interne. Il s'agissait de donner son point de vue sur les moyens modernes de communication en précisant s'ils permettaient ou on d'accéder facilement à la connaissance. Sujet intéressant, peu difficile dans la mesure où il ne faisait pas appel à des connaissances techniques mais devait permettre aux candidats d'exercer leur sens critique.

Or, certains m'ont, à cette occasion, ressorti les vieilles rengaines sur l'accès à la connaissance facilité depuis le siècle des Lumières, lesquelles lumières ont permis, d'après ces mêmes candidats, de sortir de siècles d'obscurantisme entretenu par l'Eglise. Un candidat, garçon sympathique et faisant partie de ceux qui me paraissent avoir une culture d'ensemble plutôt riche m'écrit ceci dans sa copie:

"Au moyen-âge, seuls les érudits et plus particulièrement l'église, détenaient la connaissance. Le peuple était plongé et maintenu dans l'ignorance. Cette époque porte un nom l'obscurantisme. Puis il y eu le siècle des Lumières ou par opposition, la connaissance fût rendue accessible et surtout elle fût libérée de ceux qui la détenait comme un pouvoir."

J'ai volontairement gardé l'orthographe originelle. Elle est à l'image de ce que je peux observer dans la plupart des copies. Je dirais même que par rapport à la moyenne, l'auteur de ces lignes commet relativement peu de fautes. C'est dire!

Un autre candidat pendant le cours me fit observer qu'il y eut l'Inquisition et aussi le massacre des Cathares. Bref l'Eglise est chargée de tous les péchés de la terre.

Dans le climat de christianophobie générale qui règne depuis plusieurs décennies et qui s'est considérablement amplifié à partir des années 80, il ne faut guère nous étonner du résultat obtenu par un matraquage des cerveaux digne des régimes totalitaristes.

Les deux candidats sont à l'image de l'immense majorité des Français. Ils ont pris pour argent comptant tous les dogmes républicains qu'on leur a enseignés. A aucun moment ils n'ont exercé une saine critique fondée sur une raison droite. Mais encore faudrait-il pour cela que l'enseignement officiel leur apprît précisément à exercer ce sens critique, mais c'eût été trop dangereux pour le système établi.

Je ne suis pas dans le secret des officines de tout poil pour savoir si nous sommes en face d'un vaste complot mais ce qui est effrayant c'est de constater la convergence de tous ceux qui ont la charge de transmettre le savoir ou l'information pour salir l'Eglise. Ces enseignants, ces journalistes, ces maisons d'édition, tous se sont arrogés un droit de censure absolu sur tout ce qui n'est pas conforme à leur idéologie. Et ce sont ces mêmes démocrates qui nous enseignent l'obscurantisme de l'Eglise catholique pratiquant les autodafés et mettant à l'Index les écrits contraires à la foi ou pire encore que l'Eglise maintenait volontairement les esprits dans l'ignorance crasse pour mieux asseoir son pouvoir sur les consciences.

Anesthésiés par la pensée officielle, les Français ne savent même plus raisonner à partir d'évidences qui sautent aux yeux. Oui, le Moyen-âge était une période d'obscurantisme, puisque vous le dites, mais alors expliquez-nous comment les cathédrales, ces purs joyaux de l'Occident chrétien ont pu sortir de terre et résister à l'épreuve du temps pour nous laisser ce plus beau témoignage d'une époque où la société toute entière vivait et respirait au rythme de l'année liturgique. Car enfin, vous dirai-je, si ces cathédrales ne se sont pas effondrées à peine finies, c'est bien parce que les architectes de l'époque avaient un savoir-faire prodigieux pour bâtir des édifices stables malgré leur hauteur vertigineuse pour l'époque. Notre Dame de Paris, Chartres, Reims, Strasbourg, Bourges, Beauvais, Cologne demeurent des témoins vivants de l'architecture médiévale.


Si nous remontons dans le temps, il nous faut aussi prendre en compte tout l'art roman. N'oublions pas que ce que nous qualifions de Moyen Âge correspond à une période qui s'étend sensiblement de l'époque carolingienne, autour des années 800, jusqu' à la découverte des Amériques en 1492, soit sept siècles. C'est un peu comme si les historiens du quatrième millénaire à venir, si l'humanité parvient jusque là à survivre à sa course folle, mettaient dans le même sac la France depuis Philippe le Bel jusqu'à…Nicolas Sarkozy. Je sais bien que pour ce dernier la France de Jeanne d'Arc est aussi celle de Louis XIV et de Jean Jaurès mais tout de même!




La cathédrale de Beauvais splendeur de l'art ogival et produit de ...l'obscurantisme!

Il faut donc regarder l'art roman remarquable par sa sobriété et sa pureté. Chaque fois que je vais à l'abbaye de Sénanque, je m'émerveille de deux choses: l'acoustique et la lumière. Les sons prennent un relief particulier et je me souviens de la démonstration que nous avait un moine cistercien sur la résonance particulière, par amplification du son, que pouvait prendre la cantilène grégorienne. Ce qui est surprenant aussi c'est la luminosité des lieux. Certes, nous sommes en Provence mais cela n'explique pas tout. En effet, on remarque que les ouvertures sont peu nombreuses. Cependant elles sont conçues pour laisser entrer le maximum de lumière, ce qui fait qu'il n'y règne aucune pénombre.


La beauté dépouillée de l'abbaye de Sénanque au fond de son vallon verdoyant.


Comment passer sous silence le rayonnement spirituel et intellectuel du monachisme bénédictin en occident. Rien ou presque ne nous serait parvenu de la culture hellénique et romaine sans l'oeuvre des moines. Alors que l'invasion des barbares, la chute de l'empire romain marquent le début d'une période de décadence, l'Eglise sera la cheville ouvrière de la restauration de la civilisation en occident. Ah Messeigneurs évêques de France, puissiez vous vous inspirer de l'oeuvre de vos vénérables prédécesseurs plutôt que de vous réfugier dans un silence frileux et tacitement approbateur ou pire de battre votre coulpe sur la poitrine de ceux qui ont l'heur de vous déplaire, sans compter ceux qui font l'apologie à peine voilée du communisme!

Dans la littérature, Le Moyen Age n'est pas en reste. Probablement que beaucoup d'œuvres ont disparu dans les incendies, nombreux à cette époque et particulièrement destructeurs. La chronique de la Grande Chartreuse nous apprend que lors de l'incendie qui détruisit le monastère en 1371, Dom Guillaume de Raynald, le Prieur, s'écria "Mes Pères, mes Pères, ad libros, ad libros, sauvez les livres, sauvez les livres!" La révolution de 1789 se chargea aussi d'achever l'oeuvre accidentelle du feu en détruisant une grande partie de notre patrimoine religieux. Combien d'ouvrages, d'édifices disparurent dans la tourmente? Nous ne le saurons jamais. Tout au plus pouvons-nous avoir une idée de l'ampleur du saccage en dressant la liste des abbayes et des églises vandalisées quand elles ne furent pas tout simplement détruites.
Cependant, nous sont parvenues bon nombre d'oeuvres médiévales tous genres confondus.

Les chansons de gestes, les fabliaux, les farces, le roman courtois, les lais de Marie de France, les Chroniqueurs Villehardouin, Joinville, Froissart et Commynes le théâtre de Rutebeuf, Guillaume de Machault, Chrétien de Troyes, les auteurs et les genres littéraires ne manquent pas pour une époque que l'on considère généralement comme arriérée. Et surtout n'oublions pas les grands noms, je dirai le grand nom, saint Thomas d'Aquin dont la philosophie et l'analyse politique demeurent étonnamment d'actualité, même si au sein même de l'Eglise le courant moderniste, notamment dans les années 60, fit tout pour le discréditer au profit de théologies nouvelles pourtant condamnées par les papes jusqu'à Pie XII.

Le Sire de Joinville (1224 - 1317). Chroniqueur, il est l'auteur de l'histoire de saint Louis

Etrangement, il ne viendrait à personne l'idée de considérer que la civilisation romaine fut une civilisation obscurantiste. Pourtant, la société romaine ne brillait par le raffinement de ses mœurs. Les jeux du cirque étaient barbares, le paterfamilias avait droit de vie ou de mort sur ses enfants, l'esclavage généralisé avilissait la personne humaine. Les mœurs étaient rudes. Complots, assassinats jalonnent l'histoire de l'Urbs.

Je n'ai pas davantage entendu les grandes âmes condamner cette page si "glorieuse" de notre histoire que fut la révolution de 1789. Et pourtant elle en fit des victimes, d'autant moins pardonnable dans sa propre logique, que cette révolution s'inspirait des Lumières pour promouvoir la liberté et avec elle une ère nouvelle!

La révolution ne fut pas obscurantiste. A Lavoisier qui demandait au tribunal révolutionnaire un délai pour pouvoir terminer ses travaux de recherches, le président du tribunal répondit que la révolution n'avait que faire des scientifiques.

Nous réserverons pour plus tard une étude sur l'Inquisition car les études à son sujet sont très controversées. Il est toujours difficile de faire la part des choses dans la plus grande objectivité.

Si l'humanité se réveille un jour, ce qu'à Dieu ne plaise, je ne doute pas un instant que l'on puisse qualifier notre civilisation d'obscurantiste. La dégradation des mœurs, l'avortement légalisé en sont les marques les plus visibles. Le dogme unique qui sévit empêche tout débat sérieux. Le créationnisme fait sourire mais sait-on que la théorie de l'évolutionnisme ne s'appuie sur aucune preuve formelle et que loin d'apporter une réponse à l'origine de la vie, elle pose plus de problèmes qu'elle n'apporte de solutions.

Réchauffement de la planète en raison de l'activité de l'homme? Où peut-on lire ou entendre dans la communication institutionnelle que rien ne prouve que si réchauffement il y a, il soit la conséquence de notre activité polluante?

Claude Allègre qui n'est pourtant pas de ma chapelle, fait dans son livre intitulé "Ma planète" dont on a peu parle, et pour cause, une mise au point très édifiante sur l'écologiquement correct tel qu'on le pratique actuellement.

Aujourd'hui plus que jamais nous sommes tombés dans l'hystérie de la lutte contre le réchauffement. Une chose est certaine, ce combat n'est pas perdu pour tout le monde car il sera une source de profits considérables pour le monde des affaires et pour tous les profiteurs et opportunistes. Le citoyen lambda risque par contre d'y laisser beaucoup de plumes.

Mais tant que l'on "éduque" les Français sur leur propre histoire revue et corrigée, on est au moins certain qu'ils n'auront pas le mauvais goût de poser les bonnes questions sur les vrais problèmes de notre pauvre société.